Sommeil · Chambre & environnement

La bonne température pour dormir, saison après saison

Le corps doit perdre un peu de chaleur pour s’endormir. Autour de 17 à 19 °C, un repère souvent cité, mais la literie, les saisons et le fameux bain chaud du soir comptent tout autant que le thermostat.

La rédaction Renaissance Store

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Plaid en laine posé en désordre sur un lit dans une chambre paisible

On s’occupe volontiers de son matelas, de ses oreillers, de ses rideaux — et l’on néglige souvent un paramètre déterminant de la chambre : sa température. Or l’endormissement est aussi un phénomène thermique, et une pièce mal réglée peut gâcher des rituels du soir par ailleurs impeccables.

S’endormir, c’est se refroidir

La température du corps suit un rythme quotidien : plus élevée pendant la journée, elle baisse au fil de la nuit, s’abaisse autour de 36 °C et atteint son plus bas très tôt le matin, rappelle l’Inserm. Cette baisse ne se contente pas d’accompagner l’endormissement. « Pour s’endormir, le corps a besoin de faire baisser légèrement sa température interne », résume l’INSV, et les chercheurs observent que l’entrée dans le sommeil est la plus probable au moment où cette température descend le plus vite. Le corps y parvient en dilatant les vaisseaux sanguins de la peau des extrémités, mains et pieds, pour évacuer de la chaleur vers l’extérieur : dans une étude de laboratoire, l’écart de température entre les extrémités et le tronc prédisait mieux que tout autre indicateur le délai d’endormissement. D’où ce conseil de l’INSV : « des pieds chauds aident souvent à s’endormir ».

Il en découle une règle simple : la chambre doit permettre au corps de se délester de chaleur. Trop chaude, elle l’en empêche ; selon l’INSV, « on tourne, on transpire, on se réveille… et le sommeil devient plus léger ». Trop froide, elle peut aussi poser des difficultés : sous la couette, le froid ne modifie guère les stades du sommeil, indique une revue de la littérature, mais il modifie certaines réponses cardiaques et rend la literie déterminante.

Autour de 17 à 19 °C, mais pas au thermomètre près

Les repères publics se tiennent dans un mouchoir de poche. L’ADEME recommande 17 °C dans la chambre la nuit ; l’INSV situe la température optimale entre 18 et 19 °C et conseille de ne pas dépasser 20 °C ; l’Assurance maladie recommande de ne pas chauffer la chambre au-delà de 18 à 20 °C. Ce n’est pas un chiffre magique : c’est une plage, à ajuster selon sa literie et son ressenti.

Ce qui compte davantage que le nombre affiché, c’est le couple température de l’air et literie. L’INSV le formule ainsi : être « bien au chaud sous la couette, sans avoir chaud dans l’air ». Une chambre à 17 °C avec une couette adaptée est confortable ; la même chambre avec une couette d’été et un pyjama léger paraîtra froide. Inversement, une chambre à 20 °C sous une couette épaisse conduit à transpirer et à se découvrir en pleine nuit. Réglez donc les deux ensemble, en gardant l’air plutôt frais et en ajustant l’épaisseur de ce qui vous couvre : « mieux vaut une chambre fraîche + une bonne couverture qu’une chambre surchauffée », note l’INSV.

Quelques cas demandent de la souplesse. Pour un nourrisson, l’Assurance maladie recommande une chambre à 18-20 °C, aérée chaque jour, et un couchage sur le dos dans une turbulette adaptée, sans couette ni couverture. Avec l’âge, le Réseau Morphée relève une perte des capacités de régulation face au froid comme à la chaleur excessive : la chambre mérite alors d’être réglée avec plus de soin, ni froide ni surchauffée. Enfin, à la ménopause, les bouffées de chaleur se manifestent surtout la nuit et perturbent le sommeil ; l’Assurance maladie conseille de rafraîchir la chambre, autour de 18 °C.

Traverser les saisons

En hiver, le piège est la surchauffe, que l’Inserm range parmi ce qui réduit la qualité du sommeil. Baissez le radiateur de la chambre — c’est la pièce où l’on peut le plus facilement descendre, puisqu’on y dort couvert — et aérez une dizaine de minutes avant le coucher, même par temps froid, comme le conseille l’INSV : l’air est renouvelé et l’humidité s’évacue. Un air trop sec irrite le nez, note aussi l’INSV ; l’ADEME situe le confort entre 40 et 60 % d’humidité. Avant d’acheter un appareil, mieux vaut mesurer.

En été, la bataille se gagne en journée. Santé publique France recommande de fermer les volets le jour et d’aérer la nuit lorsque la température est redescendue : ouvrez largement dès qu’il fait plus frais dehors que dedans, le soir ou très tôt le matin — en ville, plutôt au lever du jour. Un ventilateur ne refroidit pas l’air de la pièce, mais le courant d’air qu’il crée donne une sensation de fraîcheur en facilitant l’évaporation de la transpiration ; l’INSV le veut silencieux. Un drap léger et une douche tiède avant le coucher, deux conseils de l’INSV, sont les alliés des nuits chaudes.

Le bain chaud du soir : l’effet paradoxal

Voici l’un des conseils les plus contre-intuitifs — et l’un des mieux documentés, même si les études restent peu nombreuses. Une méta-analyse de 2019, qui a réuni 17 études, associe un bain ou une douche à 40-42,5 °C à une meilleure qualité de sommeil déclarée, et, lorsqu’il est pris une à deux heures avant le coucher, même pendant seulement dix minutes, à un endormissement plus rapide. Non pas parce que la chaleur endort : selon le mécanisme proposé par les auteurs, l’eau chaude fait affluer le sang vers les paumes et les plantes des pieds, le corps évacue ensuite davantage de chaleur, et la température centrale baisse plus nettement.

Le timing compte donc : c’est un bain pris une à deux heures avant le coucher qui a été étudié, et les auteurs jugent que le moment et la durée optimaux restent à préciser. Ceux qui n’aiment pas les bains peuvent essayer un bain de pieds chaud : dans une petite étude menée en hiver, il a raccourci l’endormissement, comme le bain complet, et ses auteurs le recommandent aux personnes qui ne peuvent pas facilement prendre un bain.

Les détails qui font la différence

La chaussette de nuit, souvent moquée, a sa logique : en réchauffant les pieds, elle favorise la déperdition de chaleur par les extrémités. L’INSV conseille des « chaussettes fines » en cas de pieds froids, et une petite étude menée sur six jeunes hommes a mesuré, avec chaussettes, un endormissement plus rapide et moins de réveils. À essayer si vous mettez longtemps à vous réchauffer au lit.

Le choix des textiles compte autant que leur épaisseur. L’INSV conseille des matières respirantes, coton ou lin, et d’habiller son lit plutôt que son corps : « pyjama léger + couches (couette, plaid) », plus faciles à ajuster qu’une seule couverture épaisse. Enfin, si votre partenaire et vous ne vous accordez jamais sur la couverture, l’Assurance maladie suggère de préférer les couettes individuelles : deux couettes séparées sur un même lit règlent le problème de façon nettement plus simple qu’une négociation nocturne.

Ce qu’il faut retenir

  • L’endormissement s’accompagne d’une baisse de la température centrale : la chambre doit permettre au corps de perdre de la chaleur.
  • Les repères publics vont de 17 °C (ADEME) à 18-19 °C (INSV), sans dépasser 20 °C ; à ajuster selon l’âge, les saisons et la literie.
  • Réglez ensemble la température de l’air et l’épaisseur de la literie, plutôt que l’une sans l’autre.
  • Un bain ou une douche chaude une à deux heures avant le coucher est associé à un endormissement plus rapide.

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