Bien-être · Art de vivre

Offrir sans encombrer : l’objet qui dure, le paquet qui s’efface

Un cadeau de bien-être se juge à l’usage qu’il trouvera et au peu qu’il laisse derrière lui. D’après l’ADEME, le ministère de la Transition écologique et le nouveau règlement européen sur les emballages, voici comment choisir un objet qui dure et l’envelopper sans déchet superflu.

La rédaction Renaissance Store

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Collection Une soirée à soi

Fleurs et graminées séchées alignées comme un herbier sur une surface minérale claire

Un cadeau commence bien avant le ruban : au moment où l’on se demande ce que l’autre fera de l’objet dans six mois. Dans son guide « Comment organiser un Noël inoubliable ? », l’ADEME attribue aux cadeaux 57 % des émissions de gaz à effet de serre des fêtes de fin d’année et rapporte, d’après une étude menée pour elle par Goodwill management et l’ObSoCo en 2022, que 27 % des Français déclarent avoir reçu des cadeaux qu’ils n’utilisent jamais — au minimum 12 millions de cadeaux jugés inutiles chaque année. Il ne s’agit pas d’offrir moins par principe, mais plus juste : un objet qui servira, et dont l’emballage ne finira pas, une heure plus tard, au fond d’un sac. Voici ce que disent les repères publics, et ce qu’ils laissent à notre discernement.

La première question n’est pas « quoi », mais « pour quel usage »

Sur son site Épargnons nos ressources, l’ADEME propose cinq questions à se poser avant tout achat : « Quels sont mes besoins réels ? », « Puis‑je réparer plutôt que racheter ? », « Pourquoi ne pas emprunter ou louer ? », « Quels sont les produits plus durables ? », et enfin la seconde main. Elles se transposent sans peine au cadeau : que manque‑t‑il vraiment à la personne, et aimerait‑elle mieux un moment qu’une chose ?

Le guide de l’ADEME ouvre des pistes. Le « Noël canadien » consiste à tirer au sort la personne que l’on gâtera, puis à « mener l’enquête » pour trouver le présent qui lui convient : moins de paquets, davantage d’attention. Le cadeau dématérialisé — un cours de couture ou de bricolage, une séance de massage, un abonnement culturel, une place de concert, un week-end dans un hébergement écolabellisé — ne laisse aucun objet derrière lui. Et pour ne prendre aucun risque, le guide rappelle l’existence du bon d’échange et de la carte-cadeau ; si l’on tombe à côté, restent la revente ou le don.

Dans l’univers du bien-être, l’idée trouve un prolongement naturel : composer pour quelqu’un une soirée entière, à la manière de notre dossier Une soirée à soi.

Ce qui dure : une matière, un usage, un entretien

L’ADEME rappelle que la fabrication des appareils numériques est « beaucoup plus impactante » que celle d’autres objets : elle chiffre un smartphone à 32 kg d’équivalent CO₂, contre 1,1 kg pour un livre de 300 pages. Les objets électroniques et les bijoux ne représentent que 4 % des cadeaux de Noël, mais 30 % des émissions de gaz à effet de serre de l’ensemble des cadeaux. Le même guide conseille de miser « sur ce qui servira » et de privilégier les produits porteurs de labels environnementaux.

Pour les jouets, l’ADEME pose trois règles : le moins de plastique possible, en préférant le bois et les matières naturelles ; pas de parfum, parce que les parfums émettent des composés organiques volatils ; pas de pile. Aux yeux de la rédaction, cette grille éclaire aussi le choix d’un objet pour adulte : une matière franche, un usage sans recharge ni consommable, une forme que l’on aimera encore dans dix ans. Pour les parfums d’intérieur, notre article Bougies, encens, diffuseurs détaille ce que les autorités ont mesuré.

L’occasion a toute sa place. Le guide cite, parmi les objets à trouver en très bon état, les livres, les vêtements, les objets de décoration, la maroquinerie et les bijoux ; 14 % des Français, selon l’étude de 2022, affirment avoir déjà offert un cadeau d’occasion. Le reconditionné bénéficie, rappelle l’ADEME, de la garantie légale de deux ans, et un smartphone reconditionné peut être « jusqu’à 8 fois moins impactant pour l’environnement » qu’un neuf.

Reste ce qui fait durer un objet une fois offert : son entretien. La « Bible de l’entretien » de l’ADEME le résume en une phrase : « j’utilise mes produits en suivant les indications du fabricant et je les entretiens régulièrement ». Glisser la notice dans le paquet prolonge le cadeau ; pour une tasse ou un bol, notre article Grès, faïence, porcelaine dit comment lire la terre dont il est fait.

Réparabilité, durabilité : ce que les indices disent, et ce qu’ils taisent

La loi du 10 février 2020, dite loi AGEC, compte 130 articles ; parmi ses cinq axes, le ministère de la Transition écologique cite « mieux informer les consommateurs » et « agir contre l’obsolescence programmée ». Elle a créé l’indice de réparabilité, affiché depuis le 1er janvier 2021 en magasin et en ligne sur certaines catégories d’équipements électriques et électroniques ; le prix des pièces détachées figure parmi ses critères.

L’indice de durabilité, plus ambitieux, ajoute à la réparabilité la fiabilité de l’appareil : sa résistance aux contraintes et à l’usure, la facilité de sa maintenance et de son entretien. Il remplace l’indice de réparabilité sur les téléviseurs depuis le 8 janvier 2025 et sur les lave-linge depuis le 8 avril 2025. Tous deux sont notés sur 10 et affichés près du prix. Selon l’ADEME, l’indice de réparabilité couvre aujourd’hui les ordinateurs portables, les tondeuses à gazon électriques, les lave-vaisselle, les aspirateurs et les nettoyeurs haute pression ; depuis le 20 juin 2025, l’étiquette énergie des smartphones et tablettes nouvellement mis sur le marché mentionne également leur indice de réparabilité.

C’est dire ce que ces indices taisent : un plaid, une carafe, une brosse, une lampe de chevet n’en portent aucun. Les bonnes questions sont alors celles que l’on pose au vendeur : la pièce se démonte‑t‑elle, la housse se lave‑t‑elle, une pièce usée peut‑elle être remplacée, que prévoit la notice pour l’entretien ? Une réponse précise dit souvent plus qu’une note.

Envelopper sans jeter : le tissu, la boîte, le papier qui resservira

Le guide de l’ADEME estime à 20 000 tonnes, d’après Citeo, les papiers cadeaux consommés chaque année en période de Noël. Il propose de les remplacer par le furoshiki, technique originaire du Japon de pliage et de nouage d’un tissu : une vieille nappe, une taie d’oreiller, un vêtement que l’on ne porte plus suffisent à composer un paquet réutilisable. Boîtes et sacs en carton ou en tissu, pochons, sacs de toile servent de nombreuses fois.

Si l’on tient au papier, l’ADEME conseille d’éviter les papiers plastifiés ou pailletés, qu’elle dit non recyclables, et de préférer ceux qui portent un label environnemental. Journaux, magazines ou anciennes cartes routières font de beaux paquets, et un papier déballé avec soin peut resservir. Après la fête, le service « Que faire de mes objets & déchets » de l’ADEME indique que le papier cadeau en papier se dépose dans le bac de tri des papiers et emballages ; rubans et nœuds se conservent s’ils sont en bon état, et rejoignent sinon ce même bac lorsqu’ils sont en papier ou en plastique.

La rédaction y voit une élégance de plus : pour un cadeau de bien-être, le tissu peut appartenir au présent. Un carré de lin, une étole, un torchon de belle toile nouent le paquet puis restent à celui qui l’ouvre. L’emballage devient alors le premier objet offert, et non le premier déchet.

Lire le revers d’une boîte : Triman et Info-tri

Sur l’emballage, deux repères renseignent celui qui reçoit. Le Triman est, selon le ministère de la Transition écologique, « le logo de référence pour indiquer qu’un produit doit être trié » — vers le bac de tri, la déchèterie ou le don. Il est suivi de l’Info-tri, une signalétique en deux parties : le produit ou les éléments qui le composent, puis l’endroit où les déposer. Déployée progressivement depuis l’été 2022, elle figure sur le produit, sur son emballage ou dans la notice, et concerne de nombreuses familles, des emballages ménagers et papiers aux textiles et aux jouets.

Le ministère prend soin d’en marquer la limite : le tri atténue l’impact de la consommation, mais « l’enjeu est avant tout de limiter nos déchets au maximum et de mieux consommer ». Un geste simple s’en déduit : ne pas découper l’étiquette ni jeter la notice avant d’offrir, pour que la personne sache, le jour venu, où chaque élément doit aller.

Ce que le droit européen prépare pour les coffrets

La loi AGEC prévoit la fin de la mise sur le marché des emballages en plastique à usage unique d’ici 2040, par étapes. À l’échelle de l’Union, le règlement (UE) 2025/40 relatif aux emballages et aux déchets d’emballages s’applique depuis le 12 août 2026, selon la synthèse publiée sur EUR-Lex ; ses obligations s’échelonnent ensuite.

Deux articles concernent directement les coffrets. L’article 10 impose qu’au plus tard le 1er janvier 2030, le poids et le volume des emballages soient réduits au minimum nécessaire à leur fonctionnalité ; il écarte les emballages qui visent uniquement à augmenter le volume perçu du produit, « y compris les doubles parois, les doubles fonds et les couches inutiles », sauf exceptions limitées (dessins, modèles ou marques protégés avant le 11 février 2025, indications géographiques protégées). L’article 24 fixe, au plus tard au 1er janvier 2030 — ou plus tard selon la date des actes d’exécution de la Commission —, un taux d’espace vide de 50 % au plus pour les emballages groupés, de transport et du commerce en ligne, et compte comme espace vide les frisures de papier, les coussins d’air ou le film bulles. Pour les emballages de vente, l’espace vide devra être réduit au minimum au plus tard le 12 février 2028.

Sans attendre ces échéances, l’œil peut s’exercer : un coffret qui épouse son contenu, un colis sans calage superflu en annoncent l’esprit.

Ce qu’il faut retenir

  • Un cadeau durable commence par une question d’usage ; un moment ou un objet d’occasion peuvent y répondre aussi bien qu’un neuf.
  • Les indices de réparabilité et de durabilité ne couvrent que quelques appareils ; pour un objet du bien-être, les questions posées au vendeur restent le meilleur repère.
  • Tissu noué, boîte réutilisable, papier sans plastique ni paillettes : l’emballage qui resservira ; le papier cadeau en papier se trie avec les papiers et emballages.
  • Triman et Info-tri disent où va chaque élément ; le règlement (UE) 2025/40 écarte les doubles parois et les doubles fonds, et plafonnera à 50 % l’espace vide des colis du commerce en ligne.

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